samedi 30 janvier 2010

His nickname was " Cheval "

Colonel Aviateur Raymond " Cheval " Lallemant.
( 1919 - 2008 )

Aujourd'hui, je tiens à rendre hommage à un très grand pilote belge, le Colonel Aviateur Raymond " Cheval " Lallemant. Il y a deux ans, jour pour jour, " Cheval " nous quittait. Pour tous ceux qui le connaissaient, " Cheval " était une figure emblématique de l'aviation belge. Il avait acquis ses lettres de noblesse au sein de la Royal Air Force, durant la Seconde Guerre mondiale. Aux commandes du Spitfire, mais surtout du Typhoon, " Cheval " se distingua notamment dans la chasse aux Focke Wulf 190 et chars allemands.

L'élève - pilote Raymond " Cheval " Lallemant,
après son arrivée sur le sol britannique
.
( collection bibliothèque de la Section Air & Espace )
 Flying Officer Raymond " Cheval " Lallemant, décoré de la D.F.C.

" Cheval ", félicité par d'autres pilotes belges.

De gauche à droite :

Charles Detal, Charles " Windmill Charlie " Demoulin, 

Louis - Emmanuel " Manu " Geerts,
Rémy " Mony " Van Lierde, " Cheval " et Joseph Renier.


( collection bibliothèque de la Section Air & Espace )

Du sud de l'Angleterre au bocage normand, de " Overlord " à " Market Garden " et jusque sur le territoire allemand, " Cheval " combattit au sein de trois unités : 609 " West Riding " Squadron, 198 Squadron et 349 " Belgian " Squadron. La joie, la peur et la chance furent ses compagnes durant cette période. Pour lui, il n'y avait que l'aviation et ce qu'il avait accompli. Néanmoins, il avait une passion, que je partage avec lui : les chevaux.

Lors de notre deuxième entrevue, le 24 novembre 2009, Robert " Bobby " Laumans me parla de " Cheval " :

... Parce que, heu... le " Cheval " Lallemant... v... vous avez... vous avez rencontré le... il est mort maintenant, hein.

Non, j'ai...


Vous ne l'avez jamais rencontré?

Je n'ai pas eu cette chance. C'est - à - dire que... un samedi matin, mon père lisait le journal. Et puis, je l'entend dire : On l'appelait " Cheval ".

On l'appelait " Cheval "...


Je suis là : Woh! Je vais voir. ( Mon père ) : Eh ben, il en a eu des décorations! Et je vais voir ça. Et je vois : Raymond " Cheval " Lallemant est décédé le 30 janvier 2008.

Oui...


J'étais effondré là! J'étais là : C'est pas vrai!

Eh bien, il était dans ma promotion aussi. Il est... oui... il est... il est... il a fait carrière à la Force Aérienne, évidemment hein. Et, il est devenu colonel. Mais moi, j'ai contin... mais moi, j'ai continué... comme on était de la même promotion, on avait... il était à Odiham aussi! Mais alors, après ça, il est allé à la Six - O - Nine... il... il est resté t... tout le temps à la Six - O - Nine. Et il est devenu... il est devenu commandant de la Six - O - Nine, à... un moment donné.

Oui...


Et... bon, mais après la guerre, on est resté très, très lié. On... on se voyait plusieurs fois par... par an... très régulièrement. Lui, venait chez moi ou moi, j'allais chez lui. Et... il habitait tout près de Mons, quand il est décéd
é. Et la... la dernière année, j... j'ai entendu sa v... parce qu'on... on se voyait d... donc quelques fois, mais on se téléphonait plus souvent encore. Et j'entends... j'ai entendu ça au téléphone, je dis : Nom d'une pipe, ça n'est plus... ça n'est plus Raymond... Je ne sais pas exactement. C'est pas l'Alzheimer qu'il a eu mais... il... il a changé. Après, je l'ai... je l'ai encore vu donc. A... après ses premiers coups de téléphone, je suis allé le voir et... et c'était plus lui, c'était plus le même homme et, il était occupé à s'écrouler...

... C'est à Wevelgem qu'on l'a appelé " Cheval ".

Pourquoi?

Mais parce que s... parce qu'il... parce que lui justement, il est entré, il était déjà militaire. Heu... milicien, comme on disait. Je ne sais pas quel régiment. Pas... pas à la cavalerie... un régiment à l'infanterie, je crois. Et, il avait fait sa demande alors. Parce que là, je dis justement, je crois qu'il était sergent aussi. Et il a fait son passage, sa mutation mais donc, il n'avait pas passé l'examen de l’École Militaire. Et lui a été dégradé, ça c'était comme ça. Les... les... les gens qui avaient déjà un grade de sous - officier dans une autre arme, en passant à l'aviation comme élève, étaient " dégradés "... En général, c'est péjoratif mais, on... perdaient leur grade, disons. Redevenaient soldat et puis après... un mois, je crois, ils étaient quand même caporal. Puis, ils restaient caporal jusque... à la remise des ailes, où ils redevenaient sergent...

Donc, son père était... s'occupait de chevaux. I... il achetait et vendait des chevaux. C'est peut - être heu... vulgaire de dire " marchand de chevaux " mais enfin, c'était son... son métier. Et je crois qu'il... qu'il... qu'il savait ferrer un cheval aussi, enfin... heu... ça, c'était sa profession. Ce qui fait que heu... Raymond... entre nous, entre copains, il... il parlait souvent de... de chevaux, et de son père... Et... heu... entre le temps ou il avait... ou il avait quitté ses études secondaires et... et ait entré à... à l'armée, il s'était aussi, un peu, occupé de... Et alors, c'était... il parlait... journellement, du matin au soir, de chevaux. Alors, il est devenu le " Cheval ", évidemment.

Flight Lieutenant Raymond " Cheval " Lallemant, devant son Typhoon Ib,
avec le cheval errant qu’il avait recueilli et montait à B10 Plumetot
( 198 Squadron, Normandie, juillet 1944 ).

Squadron Leader Raymond " Cheval " Lallemant avec
son Spitfire XVI " Winston Churchill " ( 349 " Belgian " Squadron ).

( collection bibliothèque de la Section Air & Espace )

Comme je l'ai dit, un peu plus haut, j'étais vraiment " dévasté " d'apprendre son décès. Dans une prochaine publication, vous verrez une portrait de " Cheval ", lorsqu'il était Squadron Leader au 609 Squadron.

Je tiens juste à dire ceci :


Cher " Cheval ",


Alors que la Belgique était vaincue, tu n'as pas hésité à braver le danger pour rejoindre les autres " déserteurs " en Grande Bretagne.

L'avenir était incertain, mais comme tous tes frères d'armes, tu as continué la lutte.


Au côté de pilotes tels Jean " Pyker " Offenberg, Victor " Vicky " Ortmans, Rémy " Mony " Van Lierde, Roland " Bee " Beamont ou " Johnny " Baldwin, tu as remporté des victoires qui ont enrichies le prestige des combattants pour la liberté.


Bien que tu devais combattre l'Allemagne et les Forces de l'Axe, tu as dû venir à bout d'autres adversaires, comme les bureaucrates de Eaton Square.

Le Typhoon était ta monture, ton destrier. Le ciel était ton espace vital. A chaque aboiement de tes ennemis, tu répondais par le feu.

Ce feu, qui ira jusqu'à marquer profondément ta chair.


Ta volonté a triomphé de la douleur et de cette implacable maîtresse, la peur. Jusqu'au bout, tu lui a fait face, sans jamais la laisser t'emmener dans la détresse et le désespoir.


Puis, un jour arriva, où il n'y eut plus rien. La paix était revenue.


Nous n'avons jamais pu nous rencontrer. La vie ne l'a pas voulue. Mais, grâce à tes écrits, tu m'as laissé une marque indélébile de ton passage.


Un ancien de la R.A.F., que tu as connu, disait que tu étais un fou, un gentil fou.


C'est à ce gentil fou de l'aviation que je tiens à dire au revoir.



Adieu " Cheval ", et merci.

Colonel Aviateur Raymond " Cheval " Lallemant.



Pour en savoir plus sur Raymond " Cheval " Lallemant, voici les adresses de sites intéressants :

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