vendredi 6 décembre 2013

Good Bye, Bafana.

 Nelson Rolihlahla " Madiba, Tata " Mandela.
( 1918 - 2013 )


Chers amis d'Afrique du Sud et d'ailleurs,

Ce matin, en arrivant dans le living, j'entendais un animateur de LA PREM1ÈRE parler de Nelson Mandela à l'imparfait. " Madiba " est décédé. J'avais pensé à ce moment à de nombreuses reprises. Comment allais - je réagir à l'annonce de son décès? Je n'ai pas pleuré. Je n'étais pas vraiment triste, mais plutôt soulagé. Son corps ne va plus souffrir. Sa mémoire, par - contre, je n'en suis pas aussi certain. J'espère seulement que ses descendants ne vont s'entre - déchirer sur son héritage.

J'avais dix ans, au mois de février 1990, lorsqu'il avait été libéré. Je me souviendrais toujours de ce dessin de presse, où un journaliste interrogeait " Madiba " :
  • Monsieur Mandela, que faisiez - vous en prison? ( phrase approximative )
  • Je broyais du noir.
À partir de ce moment, j'avais ressenti une immense fierté. Enfin, mon pays allait avoir une vraie reconnaissance. Dès qu'une personne prononçait " Afrique du Sud ", cela provoquait de la joie. La joie de ne plus connaître la ségrégation dans les transports en commun. La joie d'un nouveau drapeau. 


La joie de la victoire des Springboks contre les All Blacks, lors de la finale de Coupe du Monde ( rugby à XV ), chez nous, en 1995. 

 
La joie de la victoire des Bafana Bafana contre la Tunisie, lors de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations ( football ), chez nous, en 1996.


La joie de fêter les dix ans du " Day of Freedom ", marquant la fin du régime de l'Apartheid ( 1994 - 2004 ), à Bruxelles. J'étais présent, avec ma famille, pour assister au dévoilement de Manneken - Pis, déguisé en Nelson Mandela ( action réalisée par Jerry Matjila, ambassadeur d'Afrique du Sud, son épouse et le président de l'Ordre des Amis de Manneken - Pis ). 


Pour couronner le tout, des techniciens avaient coupé l'arrivée d'eau pour la remplacer par du vin rouge sud - africain!!!!!!!! Inutile de vous dire que personne ne s'était privé d'en déguster... un gobelet en plastique!!!!! Après, il y a eu la réception à Autoworld. Pour la première fois de notre vie, en Belgique, nous faisions la fête entre Sud - Africains!!!!!

J'ai un immense regret au sujet de " Madiba ". En 2005, je suis allé passer près de trois mois en Afrique du Sud, ma plus longue période au pays. Durant la première partie de mon séjour, je résidais, à Pretoria, chez mon oncle : Omar Badsha ( très bon dans son travail, mais un véritable connard sur le plan humain ). Un samedi, alors qu'il arrosait ses fleurs, il me " demandait " ( de manière presque sèche, parce que ça l'emmerde d'être poli et amical ) si j'avais quelque chose à faire . Je lui répondais que je devais me rendre au cinéma. Je vais revenir dans le temps, afin d'être plus clair : ma tante, Nasima, m'avait annoncé que des films français étaient projeté dans un des cinémas du centre commercial le plus proche. Étant, entre - autre, francophone, ces gens s'imaginaient ( et s'imaginent toujours ) que j'étais enchaîné à la langue française!!!!! La bêtise n'a pas de limite!!!!! Si j'avais répondu : " C'est gentil mais non, cela ne m'intéresse pas! ", ils auraient tiré la gueule! De vrais primitifs coincés et frustrés!!!!!!

Donc, je suis allé voir un film français à la con : Les Corps impatients ( Eager Bodies ). De retour chez mon oncle, seule ma plus jeune cousine était présente. Lorsque ma tante et lui - même étaient revenus de leur réception, l'enfoiré annonçait à sa fille :
  • Leila, tu as raté " Madiba ", aujourd'hui!
J'étais sur mon cul! Je voulais aborder le sujet avec lui mais, comme à son habitude, il s'était adressé à moi comme si je n'en avais rien à foutre. Le fils de pute! Aujourd'hui, je suis sûr et certain qu'il avait fait exprès de ne pas m'annoncer cette réception avec des personnalités, dont " Madiba ". 

Ce matin, en recherchant des photos, je suis tombé sur celle - ci :


Elle représente Barack Obama, alors sénateur de l'Illinois, lors de sa première rencontre avec " Madiba "... le 17 mai 2005 ( c'était un mardi )! Le jour de mon anniversaire, alors que je me trouvais en Afrique du Sud!!!!! Pour la petite histoire, j'étais allé le célébrer chez un de mes cousins au second degré, puisque son plus jeune fils fêtait ses cinq ans le même jour.

Depuis hier, " Madiba " n'est plus. Toutes et tous, nous l'avons connu digne, bien vêtu, le poing droit levé, à la fois simple et charismatique. Il était et il restera une force tranquille. Ma sœur, mon frère et moi - même avons grandi avec les chanson de la regrettée Miriam Makeba, du groupe Ladysmith Black Mambazo... et de Johnny Clegg. Notre chanson préférée : Asimbonanga ( Nous ne l'avons pas vu ). Voici un lien qui vous permettra d'écouter cette magnifique chanson :
Je vous l'avoue honnêtement, j'ai pleuré en regardant cette vidéo. Pour terminer, je dirais que grâce à " Madiba ", et à toutes celles et ceux qui ont combattu pour la liberté, nous avons retrouvé une chose primordiale : le sourire.

Aujourd'hui, et pour le reste de ma vie, c'est son sourire qui restera, à tout jamais, gravé en moi.


Hamba Kahle, Bafana.


Lien vers ma publication concernant le film " Invictus " : http://inmyworld-mehdi.blogspot.be/2010/01/invictus.html

dimanche 3 février 2013

Our former R.A.F. pilots are speaking

Chers amis et passionnés de la R.A.F.,

Le 21 janvier 2013, Philippe Deman, passionné d'aviation et membre de l'association " Belgians in R.A.F. and S.A.A.F. 1940 - 1945 ", m'avait envoyé un lien. Celui - ci menait au site de TVCOM, chaîne d'information télévisée de la province du Brabant wallon. Le lien en question concernait des témoins de la Seconde Guerre mondiale, vivant dans le Brabant wallon. Deux d'entre eux m'étaient familier, parce que j'avais eu, et j'ai toujours, la chance de pouvoir les rencontrer. A l'époque, j'avais pu visionner une bonne partie des épisodes. Aujourd'hui, j'ai l'occasion de vous les faire partager :

1. Lieutenant - général aviateur e.r. Baron Michel " Mike " Donnet D.F.C.
2. Robert " Bobby " Laumans

En second lieu, voici un autre lien menant vers le site de la chaîne belge néerlandophone Eén. Je l'avais découvert grâce à Yves Duwelz, bénévole au sein de la Section Air & Espace ( M.R.A. ) et membre de l'association " Belgians in R.A.F. and S.A.A.F. 1940 - 1945 ". Il concerne, également, mon ami Robert " Bobby " Laumans : 

Aujourd'hui, Michel Donnet et Robert Laumans sont, respectivement, âgés de 95 et 92 ans. Tous les deux se portent plutôt bien, surtout Robert.

samedi 12 janvier 2013

" I just did my job! "

Chers amis et passionnés de la R.A.F.,

Ce jeudi 10 janvier 2013, je reçois un message de André Bar, dont le titre est BOBBY. En l'ouvrant, j'y vois un lien menant vers un Blog. Le voici : 
Quelle merveilleuse découverte!!!!!! Yves Van den Brouck, originaire de Mechelen ( Malines, province d'Anvers ), en est l'administrateur. Passionné par l'Histoire et les avions, il s'est fixé comme but d'aller à la rencontre des personnes qui ont marquées l'histoire de l'aviation belge. Tout comme je l'ai fait en 2009, il est entré en contact avec Robert " Bobby " Laumans ( ancien élève - pilote de l'Aéronautique Militaire belge, pilote de Spitfire au sein des 74 " Tiger " et 350 " Belgian " Squadrons de la R.A.F., prisonnier de guerre au Stalag Luft III de Sagan en Silésie où il a travaillé à la " Grande Évasion " et pilote commercial au sein de la Sabena ).

En regardant les petites vidéos, j'étais rempli de joie! Mon ami Robert ( puisque je le tutoie depuis le mois de décembre 2012 ) est en pleine forme, installé dans son nouvel appartement. C'est un travail magnifique, très bien réalisé. J'ignore si Yves a eu accès à toutes les données concernant le vécu de Robert mais, de mon côté, j'en apprends un peu plus lors de chacune de nos rencontres.

Proficiat, félicitations, congratulations, mazel tov, Yves. You have done a bloody good show!

mardi 25 décembre 2012

Nasty Panda Christmas Card

Aujourd'hui, durant l'apéritif, mon petit frère nous a présenté une vidéo. Avec les trois autres membres de son groupe, il a réalisé une énième version de " Jingle Bell Rock ", chanson qui a été composée par Joseph Carleton Beal et James Ross Boothe. De toutes les versions, c'est celle de Bobby Helms, enregistrée en 1957, qui est la plus connue.

Cette vidéo a été réalisée le 18 décembre.

Les membres du groupe
  • Mike : guitare et voix.
  • Tom : ukulélé.
  • John : clavier.
  • Naïm ( mon petit frère ) : batterie.
Lien

Merry Christmas

Chers amis, best friends, beste vrienden,

Je vous souhaite, à toutes et à tous, un Joyeux Noël, ainsi qu'une Bonne et Merveilleuse Année pour 2013 ( si vous n'êtes pas superstitieux, of course ).

Best Wishes " Mononck " & " Brandy "!

mardi 18 décembre 2012

320 " Dutch " Squadron is in mourning

 Jean - Pierre Vermeiren.
( 1917 - 2012 )

Cette photo m'a été envoyé, à ma demande,
par Gregory Vermeiren, son petit - fils.


Chers amis et passionnés de la R.A.F.,

Au début de ce mois de décembre, je relisais tranquillement des anciennes publications, quand je remarquais deux commentaires pour celle consacrée à Raoul Schreiden. Intrigué, j'avais cliqué sur le lien pour les lire. Ma surprise fût immense!!!!! En lisant les commentaires en question, postés par deux de ses petits - enfants ( Emilie et Gregory ), j'apprenais le décès de Jean - Pierre Vermeiren!!!!! Il avait été mitrailleur sur bombardier moyen North American B - 25 Mitchell, et membre de l'équipage de Raoul Schreiden ( 320 " Dutch " Squadron )!!!!!!

N'ayant qu'une connaissance très embryonnaire de Jean - Pierre Vermeiren, je pensais qu'il était décédé depuis des lustres!!!!!! Ne sachant comment contacter ses petits - enfants, je laissais une réponse aux deux commentaires, en espérant qu'ils me recontacteraient. Comme d'habitude, j'envoyais un message à André Bar, pour lui apprendre la triste nouvelle. Voici la réponse qu'il m'avait envoyé :

Bonsoir Mehdi

Je suis assez surpris car je le croyais dcd, j'avais rencontré son fils il y a qq années qui m'avait prêté le Log book et l'album photos de son papa sans faire mention qu'il était toujours vivant!!!

A+    DD

Deux jours plus tard, le 5 décembre, je recevais trois messages de la famille Vermeiren : le premier de Stéphane Vermeiren, un des fils de Jean - Pierre, et les deux suivants de Gregory Vermeiren. L'un et l'autre m'annonçaient qu'ils allaient me faire parvenir les documents que j'avais demandé pour cette publication. Aussitôt, je leur envoyais une réponse avec mes remerciements et l'adresse E - mail de André Bar, qui est beaucoup plus qualifié que moi pour faire parvenir des documents et des informations sur les aviateurs belges de la R.A.F. ( en réponse à la demande de Gregory Vermeiren ).

Le lendemain, je recevais un message de Gregory Vermeiren, auquel étaient jointes une photo récente de son grand - père ( voir plus haut ) et une copie de l'acte de décès :

Bonjour Monsieur,
Vous trouverez ci - joint une copie de l'acte de décès de mon grand - père ainsi qu'une photo de lui. Pouvez - vous me tenir informé lorsque vous aurez publié l'article?
Je vous remercie.

Copie de l'acte de décès.
( Gregory Vermeiren )

Ottignies - Louvain - la  - Neuve!!!! C'est à deux pas de chez moi, si je puis dire!!!!!!!!! J'ignorais totalement qu'il habitait dans les environs!!!!! André et moi aurions été ravi de pouvoir le rencontrer. Enfin, c'est la vie...

" Le Pin - up Boy de la 92ème Promotion. "

La photo et la légende sont tirées 
de son Log Book.

( collection André Bar )

N° 6 Bombing and Gunnery School à Mountain View,
Ontario ( Canada, 1943 ).

Deuxième rang, cinquième en partant de la gauche :

Claude Erculisse, Jacques De Greef et Jean - Pierre Vermeiren.

Premier rang, premier en partant de la droite :

André de Limelette, Robert " Bob " Louvigny et 
Georges " Jojo, L'affreux " Schrode.

( collection André Bar )

Petit commentaire à propos de cette photo :

Il se trouve que le jeudi 6 décembre, je suis allé à la rencontre de Jacques De Greef, qui a été navigateur au sein du Transport Command de la R.A.F. Mal - entendant, mal - voyant et devant se déplacer en fauteuil roulant ( luxations de la hanche ), il est en pleine forme, s'exprime très bien et a une excellente mémoire. Il a 94 ans! Parmi les quatre photos qu'il m'a offert, dont trois tirages originaux, il y a cette photo prise au Canada. En la regardant avec un petit peu plus d'attention, je reconnais un visage et le pointe du doigt : 
    • Jean - Pierre Vermeiren!
    • Ooooh, Jean - Pierre Vermeiren, ça c'est un type très amusant! Très gentil, très bien élevé, n'est - ce pas, mais qui, heu, malheureusement... heu... était tellement... amené... à, à, à, à, à, à, affronter... C'est un type extraordinaire, d'ailleurs qui par ses qualités humaines, a bien réussi sa vie. Mais, il a fait toutes ses études à la R.A.F. avec Schrode et moi. Mais, il a raté la navigation, et il est devenu, heu, Air Gunner.
    • Oui!
    • Par contre, son redressement après la guerre, dans le civil, a été autrement bien réussi que le nôtre, n'est - ce pas. Il est devenu le beau - fils duuu directeur - professeur de Latil, et il habite à... à Lasne, ici. C'est la région la plus riche de Belgique après celle de Courtrai.
    • Je dois vous dire une chose. Jean - Pierre Vermeiren est décédé, il y a six à huit jours.
    • Il est quoi, il est décédé?
    • Il est décédé, il y a six à huit jours.
    • Et on ne me l'a pas fait savoir.
    • Heu, je l'ai appris par son fils Stéphane, et son petit - fils Gregory.
    • Haaalàlà, moi je ne l'avais plus revu. Attention, je ne l'ai revu que trois, quatre fois en trente ans, hein!
    •  
       Insigne du 320 " Dutch " Squadron.
      ( collection André Bar )

      Équipages hollandais du 320 " Dutch " Squadron.
      ( collection André Bar )

       " Flying Officer Schreiden and crew. "

      De Gauche à droite :

      Bouman ( Air Gunner, Canado - Hollandais ), 
      F/O Raoul Schreiden ( pilote, Belge ), P/O Jean de Gobert ( Navigator, Belge )
      et F/Sgt Jean - Pierre Vermeiren ( Air Gunner, Belge ).

      ( collection André Bar )

      Aviateurs belges au sein du 320 " Dutch " Squadron.

      De gauche à droite :

      F/Sgt Jean - Louis de Norman et d'Audenhove, F/O Raoul Schreiden, 
      P/O André de Limelette, F/Sgt Jean - Pierre Vermeiren et F/Sgt Claude Erculisse.

      ( collection André Bar )

      " Back to Belgium. "

      De gauche à droite :

      Jean de Gobert, Charles " Charlie " Lawarrée,
      Jean - Pierre Vermeiren et Raoul Schreiden.

      ( collection André Bar )

      J'avais demandé à André si il avait des renseignements écrits concernant Jean - Pierre Vermeiren. Hier, en fin d'après - midi, je recevais un document au format PDF de sa part. Je l'ai relu attentivement, et me suis permis de corriger les quelques fautes de frappe. Voici, ci - dessous, l'In Memoriam :












      P.S. : Je dédie cette publication à la famille Vermeiren, en remerciant certains de ses membres qui ont pris l'initiative de laisser des commentaires sur mon Blog. Je remercie Gregory Vermeiren pour m'avoir envoyé la photo et l'acte de décès de son grand - père. Enfin, et non des moindres, je tiens à remercier mon ami, André Bar, pour toutes ses photos et pour avoir réalisé l'In Memoriam... tout seul, comme un grand! Bravo, mon p'tit poyon!

      mercredi 5 décembre 2012

      The Conspirator

      Affiche du film.


      Chers amis et passionnés de la guerre de Sécession,

      Voici, enfin, ma publication concernant le film " The Conspirator ". Cela m'a pris du temps de réunir les informations et la documentation sur ce sujet, que je ne connaissais pas très bien. Je vous souhaite une bonne lecture.


      Vendredi 2 décembre 2011.

      Je m'étais rendu à Liège, pour l'occasion. M'étant renseigné sur les séances en Belgique, j'avais eu la désagréable surprise de voir que le film " The Conspirator " n'était plus programmé à Bruxelles! Un comble, vu que la première s'y était déroulée le 16 novembre!!!!!!!!! La guerre de Sécession n'attire pas les foules! J'avais des achats à faire pour la Saint - Nicolas, Noël et devais trouver du papier pour réaliser un portrait. " Autant tout faire d'un coup ", me suis - je dit.

      Connaissant Liège pour y avoir suivi mes études supérieures à Saint - Luc, je savais que seul un cinéma de la " Cité ardente " programmait les films non - francophones en version originale. " Le Churchill " est un petit cinéma où les sièges sont confortables et les tarifs très attractifs. En 2001, je m'y étais rendu avec deux camarades de classe pour y découvrir " The Fellowship of the Ring ", premier volet de la trilogie du Seigneur des anneaux.

      Mon train arrive à la gare de Liège - Guillemins, peu avant 15 heures. Tranquillement, je me rend à pied vers le cinéma. Des étudiant(e)s, vêtu(e)s de leur tablier et le verre à la main, sont placés aux endroits stratégiques. Je les évite et continue ma route, l'air de rien. A mon époque, ils/elles balançaient des œufs, de la farine, du sirop de Liège et j'en passe... si nous ne donnions pas quelques pièces. J'ignore si c'est toujours le cas, parce que j'ai toujours eu la chance d'y échapper.

      Sur place, j'achète mon ticket à l'avance. La séance du jour est à 17 heures 45.


      Le prix est dérisoire!!!!! A Bruxelles, j'aurais dû payer entre 8 et 9 euros... si pas plus!!!!!

      Revenant de mon escapade dans les magasins, j'arrive avec une dizaine de minutes avant le début du film. Je présente mon ticket à la préposée au guichet, qui me félicite ( sourire ) et m'annonce que la salle n'est pas encore accessible. Qu'à cela ne tienne, j'attendrai avant de pouvoir accéder au bonheur! Je descend les quelques marches de l'allée et vais jeter un coup d’œil dans une petite salle ouverte, sur la gauche. De grandes photos en couleur, représentant du matériel de sonorisation, sont exposées d'un côté. De l'autre, de grands portraits en noir et blanc représentent, selon toute vraisemblance, des Afro - Américains.

      Après quelques minutes, je vais m'installer dans un lieu de détente, aménagé en petite cafétaria. Lisant un journal reprenant la programmation du cinéma, je vois le type ( celui qui m'a vendu mon ticket ) se diriger vers la " Salle Verte " où sera projeté le film. Il revient, peu après, et annonce que la salle est accessible pour les personnes qui veulent voir " The Conspirator ". Voyant des casiers, je lui demande si je peux y déposer mes affaires. Le type me dit oui et se propose, de manière gestuelle, de s'en occuper. Je fais mine de m'en charger et me dirige vers le premier casier, le numéro 28. Une pièce de 20 cents est nécessaire pour le verrouiller. Décidément, tout est presque gratuit dans ce lieu!

      Lorsque j'entre dans la " Salle Verte ", il y a déjà un couple assis au dernier rang. Je m'installe à l'avant - dernier. En tout, il aura six spectateurs. Durant mon escapade dans les magasins, je m'étais offert un bon petit paquet de bonbons. Je n'en mange que TRÈS rarement, et j'adore en déguster devant un bon film.

      Après les publicités habituelles, je plonge enfin dans le vif du sujet. Un champ de bataille parsemé de corps de soldats, nordistes et sudistes. Une voix d'homme se fait entendre. Un capitaine d'état - major gît à côté de son camarade, un lieutenant de première classe, appartenant à l'infanterie. Ces deux officiers appartiennent au camp de l'Union. Blessé au ventre, le capitaine raconte une histoire en agrippant fermement la tunique du lieutenant, afin que ce dernier ne perde pas connaissance.

       Le capitaine ( James McAvoy ) tente de maintenir éveillé son ami,
      le lieutenant de première classe ( Justin Long ).
      ( www.moneybook2u.com )

      Un peu plus loin, des brancardiers nordistes s'affairent à trouver des survivants. Entendant leurs voix, le capitaine appelle à l'aide et, quand ils arrivent, exige que l'on s'occupe d'abord du lieutenant.

      Deux ans plus tard, le 14 avril 1865. La scène se déroule à Washington D.C., où l'on célèbre la victoire de l'Union sur la Confédération. Petit retour en arrière, afin que les choses soient claires :

      Le 9 avril, à Appomattox ( Virginie ), le général sudiste Robert Edward Lee signe la reddition de l'Armée de la Virginie du Nord. Son vis - à - vis n'est autre que le lieutenant - général nordiste Hiram Ulysses Simpson Grant. Officiellement, la guerre est terminée. Mais toutes les forces sudistes ne se sont pas encore rendues. Le dernier général sudiste à rendre les armes sera le général de brigade Degataga ou Isaac Stand Watie, un Amérindien issu du peuple cherokee ( 23 juin 1865 ).*

      Les grandes demeures aux intérieurs somptueux accueillent les membres de la haute société. Militaires, civils bien nantis et politiciens s'y croisent, trinquent et font la cour aux dames. Nos deux premiers protagonistes sont de la fête. Le capitaine Frederick Aiken et le lieutenant de première classe Nicholas Baker y retrouvent un de leurs amis, William Hamilton, lieutenant de deuxième classe au sein de la cavalerie.

       Nos deux premiers protagonistes et le lieutenant de deuxième classe
      William Hamilton ( James Badge Dale ).
      ( www.kinoprosmotr.net )

      Avocat dans le civil, Frederick Aiken est accompagné de sa jeune fiancée, Sarah Weston.

      Sarah Weston ( Alexis Bledel ) et son fiancé,
      le capitaine Frederick Aiken.
      ( www.cineclandestino.it )

      Des individus louches rodent dans la ville. Trois lieux sont visés par ces derniers :
      • La résidence du vice - président Andrew Johnson.
      • La résidence du Secrétaire d'État William Henry Seward Senior.
      • Le théâtre Ford où le président Abraham Lincoln et son épouse, Mary Todd, assiste à une représentation de " Notre cousin américain ". Le couple présidentiel est accompagné du major Henry Reed Rathbone et de sa fiancée, Clara Harris.
       Abraham Lincoln.

      Mary A. Todd.

       Clara Harris.
      ( www.common.wikipedia.org )
       Henry R. Rathbone.
      ( The National Archives )
      A ce moment, je fus très surpris par la petite taille du théâtre. Je m'étais toujours attendu à quelque chose de plus imposant. Les évènements s'enchaînent. A une heure convenue, les conspirateurs entrent en action. Là, je vois le premier noir dans le film : le barman de la résidence du vice - président*. Le premier conspirateur ne dépasse pas le bar et se dégonfle. Le deuxième, armé d'un Colt défectueux et d'un couteau, blesse le Secrétaire d'État Seward ( alité en raison d'un accident ) et les personnes présentes. Curieusement, tous s'en sortiront. Quand au troisième, armé d'un poignard et d'un pistolet Derringer, surgit dans la loge présidentielle et tire sur le président. Blessé mortellement derrière la tête, Abraham Lincoln s'écroule. L'agresseur est pris à parti par le major Rathbone, mais blesse ce dernier et saute du balcon. Se fracturant une jambe en atterrissant sur la scène, il se redresse et brandit son poignard en hurlant :

       L'assassin brandissant son poignard ( Toby Kebbell ).
      ( www.moviegod.de )

      Sic semper tyrannis!*

      La rumeur se propage : Le président a été assassiné! Au milieu d'une foule compacte, des soldats transporte le corps vers la maison d'un docteur.

       Transport du corps d'Abraham Lincoln.

      Notez ces erreurs :

      Sur le premier plan, à gauche, vous apercevez deux officiers.
      l'un des deux est coiffé d'un chapeau du type " Hardee "
      sur lequel il y a deux insignes. La première erreur se trouve sur l'insigne vu
      de profil. C'est celui de l'infanterie. Hors, le personnage porte
      l'uniforme d'un général de brigade ( une étoile, voir sur l'épaule ).
      Quand à la seconde, si vous regardez attentivement,
      vous apercevez une écharpe rouge autour de sa taille.
      Hors, les officiers généraux portaient une écharpe jaune
      Mais, vous en saurez plus en continuant la lecture.

      ( www.moviegod.de )

      Et là, PAF, première erreur vestimentaire! L'officier qui mène les soldats transportant le président croise un général de brigade ( une étoile ). Jusque là, tout va bien. Mais lorsque je vois les boutons sur sa tunique, je m'aperçois qu'il y a deux rangées de neuf boutons chacune, répartis en paquet de trois!!!!!! Hors, la tunique d'un général de brigade comporte deux rangées de huit boutons chacune, répartis en paquet de deux. Seul un général - major ( deux étoiles ) et un lieutenant - général ( trois étoiles dont une grande ) portent deux rangées de neuf boutons! Ça commence bien!

      Avertis par la rumeur, Frederick Aiken et ses amis accourent pour voir de quoi il en retourne. Le jeune capitaine se hisse à une calèche pour avoir une meilleur vision.

      ( www.toutlecine.com )

      Lorsque les soldats dépose le corps du président sur un lit, PAF, deuxième erreur vestimentaire! L'un d'entre - eux, portant le grade de caporal, ne porte pas de ligne de couleur ( le bleu foncé, en l'occurrence ) sur la couture extérieure de chaque jambe de son pantalon!!!!! Hors, du caporal au colonel, il y a toujours une ligne de couleur distinctive sur le pantalon. Cette erreur, concernant les sous - officiers, va se répéter tout au long du film.

      Le Secrétaire à la Guerre des États - Unis, Edwin McMasters Stanton, suivi par des officiers, se fraye un chemin à travers la foule pour entrer dans la maison.

       Edwin McM. Stanton.
      ( www.quotestemple.com )

       Edwin McM. Stanton ( Kevin Kline ) arrive sur les lieux.
      ( www.moviegod.de )

      Quand il entre dans la chambre où repose le président, PAF, encore une erreur! Derrière lui, un général - major porte sur son chapeau du type " Hardee " un cor, qui est l'insigne représentant l'infanterie!!!!!! Hors ( j'ai l'impression de me répéter ), un général de l'Union porte, sur son képi ou son chapeau, un insigne comportant une couronne de laurier avec les lettres U.S. au centre ou, dans certains cas, son grade ( une, deux ou trois étoiles ).

      La machine est en marche. Le Secrétaire à la Guerre Stanton est mis au courant des détails concernant les assassins, et donne ses directives.

      Le Secrétaire à la Guerre donnant ses directives.
      ( www.toutlecine.com )

      Un à un, les conspirateurs sont traqués et arrêtés. L'un d'entre eux, John Harrison Surratt Junior, demeure introuvable. Sa mère, Mary Elizabeth Eugenia Jenkins Surratt, est arrêtée et incarcérée à sa place. Elle se retrouve, avec les conspirateurs, au pénitencier de l'Ancien Arsenal ( près de Washington D.C. ).

       John H. Surratt Junior.
      ( Library of Congress )

       
       Mary E.E.J. Surratt.

      Elizabeth Susanna Surratt,
      surnommée Anna.
      ( Library of Congress )

       Mary Surratt ( Robin Wright ) et sa fille, 
      Anna ( Evan Rachel Wood ).
      ( www.moviegod.de )

      Quand à l'assassin d'Abraham Lincoln, John Wilkes Booth, il court toujours en compagnie de David Edgar Herold, un autre conspirateur.

      John W. Booth.

      Finalement, des éléments du 16ème Régiment de Cavalerie de New York, commandés par le capitaine Edward Paul Doherty, encerclent le bâtiment ( un séchoir à tabac d'une ferme en Virginie ) où sont retranchés les deux fugitifs. 

       Capitaine Edward P. Doherty.
      ( Library of Congress )

      Afin de hâter leur reddition, le feu est bouté à la base du séchoir. C'est en partie fait avec David E. Herold, qui sort presque immédiatement. Quand à John W. Booth, il est prêt à résister jusqu'au bout. 

      ( www.moneybook2u.com )

      A l'extérieur, un sergent contourne furtivement le bâtiment, son Colt à la main. Entre les planches de la façade arrière du séchoir, il aperçoit l'assassin du président de dos. Ajustant la cible en insérant son arme entre les dites - planches, le sergent tire et touche mortellement le fugitif derrière la tête. John W. Booth meurt peu après.

      Sergent Thomas P. " Boston " Corbett,
      l'homme qui tua John W. Booth.
      ( Library of Congress )

      Le pays pleure son président assassiné, et crie vengeance. Mary Surratt, qui est Sudiste, est la tenancière d'une pension à Washington D.C. dans laquelle se sont réunis les conspirateurs. De plus, son fils est l'un d'entre eux. En tant que tel, elle est considérée comme étant complice et est incarcérée en attendant d'être jugée. 

      Son procès a lieu, devant un tribunal composé de militaires ( lire plus bas ). Reverdy Johnson, juriste et sénateur du Maryland, se charge de sa défense. 

       Reverdy Johnson.
      ( www.en.wikipedia.org )

      Cependant, il demande un report pour une raison évidente : il n'a pu traiter l'affaire que la veille, contrairement au procureur ( l'accusation ). Tout le monde se demande pourquoi. On met en doute son intégrité, en soulignant qu'il est Sudiste ( le Maryland étant un état " frontalier " ). Reverdy Johnson se défend en disant qu'il a toujours siégé à Washington D.C. en restant fidèle à l'Union, même durant le conflit.

      Le sénateur discute de l'affaire avec son jeune associé, Frederick Aiken. Ce dernier est plutôt retissant à défendre une telle personne. 

      Frederick Aiken discutant de la défense de Mary Surratt 
      avec le sénateur du Maryland, Reverdy Johnson ( Tom Wilkinson ).
      ( www.toutlecine.com )

      Pourtant, il se rend à l'Ancien Arsenal où sont emprisonnés les conspirateurs. Des vendeurs de souvenirs, à l'effigie du président Abraham Lincoln, sont présents devant l'enceinte du pénitencier. A l'intérieur, le jeune avocat est conduit vers la cellule de sa cliente. En chemin, il voit chacun des conspirateurs enfermé dans une cellule individuelle, assis et entravé avec une cagoule sur la tête. Même les comédiens du théâtre Ford sont présents, réunis dans une large cellule.

      ( www.moviegod.de )

      Lorsqu'il se présente à sa cliente, un soldat reste de faction à l'entrée de la cellule. Bien qu'il demande à rester seul pour l'entretien, c'est une règle établie à laquelle on ne peut déroger.

      Mary Surratt dans sa cellule, dépourvue de mobilier.
      ( www.moviegod.de )

      Cette première entrevue n'est guère convaincante. Chacun semble camper sur ses positions. Néanmoins, à la demande de Mary Surratt, Frederick Aiken accepte d'aller voir sa fille Anna, afin de s’enquérir de son état. Ce qu'il fait en se rendant à la pension de la famille Surratt. L'entrée de celle - ci est gardée par un soldat du " Veteran Reserve Corps ". Une fois à l'intérieur, il ne tarde pas à entrer en contact avec Anna Surratt, qu'il doit rappeler à l'ordre en lui expliquant sa présence. Cette dernière n'y voit aucune objection.

      ( www.shawmovies.sg )

      Alors qu'il mène son enquête, le jeune avocat revient vers la fille de sa cliente pour l'interroger. Soudain, un projectile brise un carreau de la fenêtre se trouvant à leur hauteur! S'assurant qu'Anna ne soit pas blessée, Frederick Aiken court vers le pas de la porte d'entrée. Rien, il ne voit personne. Le garde, visiblement amusé, ne se sent nullement concerné par ce qui vient d'arriver.

      Lors d'une discussion devant l'Ancien Arsenal, Reverdy Johnson annonce à son jeune associé qu'il devrait défendre Mary Surratt à sa place. Le sénateur avance l'argument qu'en tant que " Yankee ", Frederick Aiken est bien mieux placé que lui, un Sudiste. Ce n'est pas de gaieté de cœur, mais il accepte.

      Le sénateur du Maryland passe la main.
      ( www.moviegod.de )

      Le procès des conspirateurs va avoir lieu. Il ne se tient pas à huis clos. Sarah, Nicholas et William sont présents parmi l'auditoire. Il me semble y voir un noir, mais ce n'est pas certain. Voici la composition du tribunal et de l'accusation :

      Les membres du tribunal militaire
      • Général - major David " Black Dave " Hunter, président de la Cour.
      • Général - major Lewis " Lew " Wallace.
      • Général de brigade Albion Parris Howe.
      • Général de brigade ( promu général - major ) August Valentine Kautz.
      • Général de brigade Robert Sanford Foster.
      • Général de brigade Thomas Malley Harris.
      • Colonel ( promu général de brigade ) James Adams Ekin.
      • Colonel ( précédemment lieutenant de première classe ) Charles Henry Tompkins.
      • Lieutenant - colonel ( promu colonel ) David Ramsay Clendenin.
      Cinq généraux et un membre du Congrès.

      De gauche à droite :

      Thomas M. Harris, David " Black Dave " Hunter, August V. Kautz, James A. Ekin, 
      Lewis " Lew " Wallace et John A. Bingham.

      ( Library of Congress )

       Albion P. Howe.
      ( Library of Congress )

      Charles H. Tompkins.
      ( Library of Congress )

       Le procureur, un de ses assistants et deux membres de la Cour.

      De gauche à droite :

      Joseph Holt, Robert S. Foster, Henry L. Burnett et David R. Clendenin.

      ( Library of Congress )

      Les membres du tribunal militaire.
      ( www.moviegod.de )

      Les membres de l'accusation
      • Juge - avocat général de l'Armée des États - Unis Joseph Holt, procureur.
      • Représentant de l'Ohio John Armor Bingham, assistant du procureur.
      • Major ( promu colonel puis général de brigade ) Henry Lawrence Burnett, assistant du procureur.
      Joseph Holt.
      ( Library of Congress )

       John A. Bingham.
      ( Library of Congress )

      Henry L. Burnett.
      ( Library of Congress )

      Les accusés, entravés et la tête cagoulée, font leur entrée et sont installés, côte à côte, au font de la salle du tribunal. Le tout sous bonne garde ( of course ).

      ( www.moviegod.de )

      Le procureur Joseph Holt ( Danny Huston ).
      ( www.lionsgatepublicity.com )

      L’énoncé des chefs d'accusation débute. Tour à tour, les conspirateurs sont découverts aux yeux de tous :

      Les conspirateurs
      • Samuel Bland Arnold.
      • George Andreas Atzerodt.
      • David Edgar Herold.
      • Docteur Samuel Alexander Mudd I.
      • Michael O'Laughlen Junior.
      • Lewis Thornton Powell ( connu sous l'identité de Lewis Paine ou Payne ).
      • Edmund Spangler.
       Samuel B. Arnold.
      ( Library of Congress )

      George A. Atzerodt.

      David E. Herold.
      ( Library of Congress )

      Docteur Samuel A. Mudd I.
      ( www.ebay.com )

      Michael O'Laughlen Junior.
      ( Library of Congress )

      Lewis T. Powell.
      ( Library of Congress )

      Edmund Spangler. 
      ( Library of Congress )

      A ceux - là, il faut ajouter Mary Surratt. La couleur est annoncée : elle est aussi coupable que les sept autres accusés. Le tribunal militaire, le général David Hunter en tête, semble ne pas vouloir s'encombrer de détails quelconques. Le procureur Joseph Holt se voit accorder toute latitude, contrairement à Frederick Aiken.

      Général - major David " Black Dave " Hunter ( Colm Meaney ).
      ( www.seanfergusonscorneroftheuniverse.blogspot.com )

      Le jeune avocat tente de défendre sa cliente.
      ( www.moviegod.de )

      La défense de Mary Surratt semble incompréhensible pour l'entourage de notre héros. Lors d'une soirée avec Sarah et des amis, les rumeurs imbéciles sont émises par certaines jeunes femmes présentes. Le procès se poursuit, toujours aussi compliqué. Les témoins - clés se montrent plus blanc que neige, ce qui, pour l'un d'entre eux, fait perdre son sang - froid à l'accusée. Le président du tribunal ordonne à Frederick Aiken de raisonner sa cliente.

      Durant tout le procès, tout est mis en œuvre pour mettre des bâtons dans les roues de la défense. Les objections du procureur sont acceptées, contrairement à celles du jeune avocat. On frôle le ridicule.

      L'opinion publique fait payer sa désapprobation concernant le rôle de Frederick Aiken. Chacun au bras de leur compagne, vêtu de leur uniforme, Nicholas, William et Frederick se rendent à une soirée organisée dans une grande demeure. Arrivé près du pas de la porte, l'ancien capitaine se fait interpellé par un serviteur, le deuxième noir dans le film. Sarah, ne prêtant pas attention à la conversation, a le regard attiré par un mot affiché à l'une des fenêtres. Il y est clairement indiqué que la présence de son fiancé, au vu de son implication dans le procès, n'est pas souhaitée. La jeune femme vit cela comme une humiliation. Son fiancé, quand à lui, vient d'être prévenu par le serviteur.

      Notre malheureux héros tente de lui faire 
      entendre raison... en vain.
      ( www.fanpop.com )

      Embarquant dans une calèche, Sarah ne veut rien entendre des supplications de son futur époux. Edwin Stanton fait son apparition. Demandant à Sarah de patienter, Frederick s'en va parler du procès au Secrétaire à la Guerre. Autant parler à un mur. Quand il revient sur ces pas, la calèche a disparue. Se sentant abandonné de tous, le jeune avocat déambule dans les rues de la capitale de l'Union.

      Mary Surratt, souffrant d'une toux, refuse de s'alimenter. Frederick Aiken, de plus en plus impliqué, plaide pour qu'elle puisse sortir de sa cellule. Lorsqu'il va la voir, elle semble aller mieux. Je remarque que, parmi les soldats de la garnison de l'Ancien Arsenal, il n'y a aucun noir. Incompréhensible, selon moi.

      Mary Surratt peut respirer au grand air,
      grâce à la demande de son avocat.
      ( www.cineclandestino.it )

      Et le procès continue, toujours aussi partial. Retournant voir sa cliente, notre héros se montre excédé par son refus de divulguer des informations. Au moment où il va quitter la cellule, Mary Surratt parle! Ce qu'elle dit éclate comme un coup de tonnerre. Son fils et les conspirateurs avaient comme projet d'enlever le président!!!!! Réunis avec leurs chevaux à l'orée d'un bois, ils attendaient le calèche dans laquelle Abraham Lincoln devait se trouver. Arrivant au triple galop, John W. Booth les prévenait qu'IL ne serait pas à bord, empêché par un autre évènement.

      Lorsqu'ils rentrèrent à la pension, Mary Surratt, qui se trouvait dans une autre pièce, entendit la dispute entre son fils et John W. Booth.

      John H. Surratt Jr ( Johnny Simmons ) se rend compte de 
      la folie de John W. Booth.
      ( www.cineclandestino.it )

      Peu de temps après, John H. Surratt Junior se décide à quitter son domicile. Sa sœur, mais surtout sa mère, le supplient de rester. Rien n'y fait, il s'évanouit dans la nature. Mary Surratt a un confesseur, en la personne du Père Walter, un prêtre catholique. D'après Frederick, ce dernier sait où se cache John H. Surratt Junior.

      Un témoin - clé, le capitaine Cottingham, avec lequel Frederick s'était entretenu avant, est appelé à la barre. Ayant visiblement subi des pressions, il se rétracte et modifie son témoignage, malgré le fait que Frederick lui rappelle qu'il avait témoigné sous serment avant d'être convoqué au tribunal. Le général Hunter rappelle immédiatement le jeune avocat à l'ordre. Le cirque continue.

      Une dernière solution s'offre à Frederick : le témoignage d'Anna Surratt. Sa mère s'y oppose, ne voulant pas impliquer sa fille. Mais le jeune avocat n'en a cure, c'est sa dernière carte et il doit la jouer.

      L'initiative viendra de la jeune femme. Un soir en rentrant chez lui, Frederick croise deux soldats, dont un ne s'écarte pas du trottoir et le bouscule. Mettant ça sur le compte d'un ressentiment de bas étage, notre héros ne réagit pas et poursuit sa route. Il fait sombre et, lorsque il arrive sous son porche, une présence le fait sursauter. Ce fût le seul moment du film où le mystère et la tension étaient réunis. Ce n'est autre qu'Anna Surratt. Suite à sa dernière visite, elle voulait s'entretenir avec Frederick. Ce dernier, jouant son va - tout, la convainc de venir témoigner au procès.

      Le jour J, Anna est appelée à la barre. Mary Surratt ne comprend pas et se tourne vers son avocat. A ce moment, le président du tribunal ordonne à trois soldats de se placer au garde - à - vous devant l'accusée, afin qu'il n'y ait aucun échange de regard avec sa fille. Totalement puéril!!!!! La gaminerie atteint des sommets. Le procureur Holt parvient, grâce à une pièce à conviction saisie chez Anna Surratt, à détruire l'atout de la défense. Il s'agit d'une carte de visite sur laquelle est imprimée la photo de John W. Booth.

      ( www.cineclandestino.it )


      Désemparée, Mary Surratt supplie d'arrêter l'interrogatoire de sa fille. L'accusée est rappelée à l'ordre. C'est peine perdue. Le général Hunter intime à Frederick Aiken de calmer sa cliente immédiatement. Voulant voir sa mère, Anna est emmenée manu militari vers la sortie. En pleurs, elle s'excuse auprès de sa mère. Par la suite, elle lui rend visite et se fait pardonner.

      ( www.cineclandestino.it )

      Un soir, alors que le sénateur Reverdy Johnson est entrain de souper à son domicile, il reçoit la visite du Secrétaire à la Guerre. Le procès prend une tournure hautement politique, même idéologique. Le jour de la conclusion du procès, Mary Surratt, au même titre que les conspirateurs, est déclarée coupable. Frederick sait qu'il lui reste un recours. Pendant ce temps, Mary Surratt reçoit la visite du commandant du pénitencier, le général - major John Frederick Hartranft, entouré de soldats. PAF, nouvelle erreur ( du moins le pensais - je )! Il porte son grade de général à deux étoiles sur une tunique de général de brigade ( une étoile ). En vérifiant deux photos d'époque, je me suis rendu compte que c'était vraiment la tenue portée par le général.

      Général - major John F. Hartranft et son staff.

      Dans mes recherches de documentation, j'ai remarqué quelques fois cette particularité. Dans certains cas, un colonel, nouvellement promu, porte le grade de général de brigade sur sa tunique de colonel.

      La sentence est prononcé :

      Condamnés à la mort par pendaison
      • George Andreas Atzerodt.
      • David Edgar Herold.
      • Lewis Thornton Powell.
      • Mary Elizabeth Eugenia Jenkins Surratt.
      Condamnés à la prison à vie
      • Samuel Bland Arnold.
      • Docteur Samuel Alexander Mudd I.
      • Michael O'Laughlen Junior.
      Condamné à six ans de prison
      • Edmund Spangler.
      A des lieux de la capitale de l'Union, dans un petit campement situé au Canada, John H. Surratt Junior reçoit un télégramme lui annonçant la prochaine exécution.

      Travaillant sans relâche, Frederick reçoit la visite impromptue de ses deux amis, armés de verres et d'une bouteille d'alcool. Malgré l'insistance de Nicholas, le jeune avocat planche sur son dernier recours : annuler la sentence et faire juger l'affaire par un tribunal civile. Demandant conseil à William, ce dernier lui dit que le seul homme de loi pouvant approuver sa demande est le juge Wylie. Se rendant chez le dit - juge et ce, malgré l'heure très tardive, Frederick parvient à obtenir ce qu'il veut.

      Au petit matin, le jeune avocat fait irruption dans le bureau d'Edwin Stanton, alors que celui - ci fait un somme. Le document qui lui est présenté ne lui plaît absolument pas.

      Alors que Frederick part annoncer la bonne nouvelle à sa cliente, le Secrétaire à la Guerre ne décolère pas. Cette annulation de la sentence est inacceptable. Le pays débute sa difficile réunification. Andrew Johnson, devenu président depuis le décès d'Abraham Lincoln, est originaire de la Caroline du Nord, un état sudiste. En tant que tel, il est sur la sellette en permanence. La clémence pourrait lui coûter son poste, et l'avenir du pays. Mary Surratt doit être exécutée!!!

      A l'intérieur de l'Ancien Arsenal, on assiste à une scène de réjouissance. Frederick annonce à Mary Surratt, à Anna et au Père Walter que l'affaire va être rejugée par un tribunal civil. Le jeune avocat semble heureux, mais en regardant pas la lucarne de la cellule, il s'aperçoit qu'il y a quatre cordes à la potence. Comprenant le drame qui se déroule, il se retourne et voit le général Hartranft entrer avec des soldats. Celui - ci annonce qu'il doit emmener la prisonnière. L'incompréhension est totale!!!!! Notre héros dit au général qu'il a obtenu un recours annulant la sentence. Le commandant du pénitencier lui répond que le président l'a refusé. Pleurant toutes les larmes de son corps, Anna tente de retenir sa mère. Mary Surratt ravale ses larmes et se laisse emmener par les soldats. En sortant de la cellule, Frederick tombe sur ce vieux salopard de procureur. Lui lâchant une citation en latin, ce dernier lui apprend que le dernier général confédéré s'est rendu. La guerre est enfin terminée.

      Le deuxième soldat, en partant de la droite, est un sergent.
      Voyez la plaque de son ceinturon, frappée des lettres U.S.
      Eh bien, c'est une nouvelle erreur! Au sein de l'infanterie, 
      seuls le simple soldat et le caporal portaient ce type de plaque.
      Les autres sous - officiers ( sergent, premier sergent, etc... ) portaient
      une plaque de ceinturon identique à celle des officiers ( rectangulaire,
      avec les armoiries des États - Unis ).
            
      ( www.cineclandestino.it )

      Une ombrelle noire est déployée pour protéger la condamnée du soleil. Adoptant une posture très digne, elle fixe du regard la potence. Les autres condamnés suivent.


      Frederick se mêle à l'assemblée, composée de militaires et de civils. PAF! Deux autres erreurs : un général porte, en dessous de son ceinturon, une écharpe rouge virant vers le bordeaux. Celle - ci était portée par les officiers subalternes et supérieurs. Les généraux, eux, portaient une écharpe jaune. La deuxième erreur est une répétition : l'insigne de l'infanterie sur le chapeau d'un général ( ils ne comprendront jamais )!!!!!

      La potence.
      ( Library of Congress )

      Les condamnés gravissent les marches et sont installés sur des chaises. Mary Surratt se trouve à l'extrême gauche.

      Le général - major John F. Hartranft lit la sentence.
      ( Library of Congress )

      Entravés avec des bandes de tissu blanc, leurs têtes sont couvertes par une cagoule. Un aveu d'impuissance se lit sur le visage de notre héros.

      ( www.moviegod.de )

      Les quatre condamnés sont relevés de leurs chaises. Les nœuds coulants sont ajustés. Quelques instants plus tard, les trappes s'ouvrent...

      ( Library of Congress )

      Quelques temps après l'exécution, Frederick revient au pénitencier de l'Ancien Arsenal. Cette fois - ci, c'est pour rendre visite à John H. Surratt Junior. La discussion n'est pas très longue. A la fin, Frederick lui tend le chapelet de sa mère. Le jeune homme le prend, puis le lui rend en lui disant :
      • " Gardez - le. Vous avez été un bien meilleur fils pour elle que je ne l'ai été. "
      Les portes du pénitencier s'ouvre, et Frederick Aiken s'éloigne à pieds. Un texte apparaît. Selon celui - ci, Frederick Aiken quitta le barreau après le procès, et se consacra à sa première vocation : le journalisme. Par la suite, il deviendra le premier rédacteur en chef du Washington Post.

      Je reste dans la salle pour lire le générique du film. Il faut savoir qu'à un moment donné, je me suis presque étranglé en avalant un bonbon!!! J'ai eu toutes les peines du monde à le recracher, tout en restant très discret. Mis à part les erreurs au niveau des uniformes, j'ai apprécié le film. Néanmoins, j'ai trouvé qu'il manquait de relief et de force dans le jeu des acteurs. Pour moi, ce sont les prestations de Robin Wright et de Evan Rachel Wood qui ont, véritablement, portées ce film. Merci Mesdames.

      Après avoir récupéré mes affaires et être sorti du cinéma, je consulte mon GSM : il est 19h50. La tête pleine d'images, je prends la direction de la gare.


      Liens concernant les faits historiques :
        Liens concernant le film et l'histoire du procès :